mercredi 30 mai 2012
Une règle absurde
lundi 21 mai 2012
Les bons côtés de l'alternance
Bien sûr il reste toujours la possibilité, peu probable au vu des triangulaires version 1997 qui s'annoncent, d'une très courte victoire de la gauche ou d'une défaite surprise. Nous plongerions alors dans un jeu complexe, et les clarifications réciproques seraient remises à plus tard.
dimanche 13 mai 2012
Deux présidents citoyens ?

dimanche 6 mai 2012
François Bayrou a donc tranché. Ou plus exactement, il a choisi. Il a choisi d'indiquer son vote personnel, et de ne pas donner de consigne de vote aux électeurs qui se sont portés sur son nom lors du premier tour. Il a présenté son choix comme une troisième solution à laquelle il se serait finalement comme résigné : la première possibilité était de voter pour Nicolas Sarkozy. Il l'écarte en raison de l'inflexion droitière de la campagne du président sortant. La seconde est le vote blanc, celui de "l'indécision" qu'il refuse. La troisième, "le choix que je fais", est le vote Hollande.
Plusieurs remarques me paraissent s'imposer.
1. D'abord sur ce découplage entre son choix personnel et le fait qu'il laisse ses électeurs libres de se déterminer. Cela est tellement caractéristique du mode de fonctionnement du président du Modem. François Bayrou reste un homme seul, et qui veut être seul. Lui qui aime Péguy a du goût pour le "poste de solitude". Théoriquement à la tête d'un mouvement politique, il raisonne et se détermine comme s'il était un citoyen ordinaire - mais c'est qu'il se pense en homme providentiel, qui construit sa stature, quelle part entre Pierre Mendès-France et Charles de Gaulle.
2. Ce choix personnel résulte d'un arbitrage entre les valeurs et le programme. L'idéal de rassemblement national lui a semblé mieux représenté par le souple et conciliant François Hollande que par le clivant et "bousculeur" Nicolas Sarkozy ; les appels déguisés à l'électorat FN ont fait le reste. L'aspect libéral (au sens politique du terme) de François Hollande, plus autoritaire de Nicolas Sarkozy entrent sans doute également en ligne de compte.
3. Je crois que ce choix est sincère, et issu d'une vraie réflexion personnelle. Je suis moins convaincu sur le fait que ce choix soit en soi "moral" ou force le respect. Une fois de plus, François Bayrou a choisi ses convictions et son image contre son mouvement. Et le souci de son mouvement et de son avenir me semble faire partie du "devoir d'état" du leader politique.
4. François Bayrou agit en simple citoyen explicitant son vote. Comme tel, cela est respectable. François Bayrou ne donne pas de consigne de vote, et n'agit pas en leader orientant son mouvement, lui proposant une stratégie, se souciant de lui conquérir des élus ou du devenir des élus qui se sont ralliés à lui. Cela est à mon sens beaucoup moins respectable.
5. Comme cela a été souligné, non seulement par Nicolas Sarkozy, mais aussi par un observateur comme Nicolas Beytout, le bilan de François Bayrou comme chef de mouvement est accablant. Partir d'une centaine de députés UDF pour finir avec 2 députés du modem, diviser par deux son pourcentage d'électeurs en cinq ans sans avoir gouverné... L'homme est courageux, mais on en revient à son aspiration à la grandeur solitaire et à une forme de solipsisme politique.
6. Fallait-il tant faire campagne sur la règle d'or et la réduction des déficits pour faire ce choix final ? Le choix des valeurs contre le programme se comprend - il n'exprime qu'en partie le tempérament politique centriste.
7. François Bayrou vient d'orchestrer son suicide politique. Le capitaine coule avec son navire qu'il a réduit aux dimensions d'un canot. Les socialistes n'ont pas besoin d'un centre gauche : ils sont déjà un parti de centre gauche, même s'ils ne l'assument qu'épisodiquement. Le président du modem ne pourra participer ni à la fédération des centres, ni à la reconstruction de la droite républicaine. On retrouve là une logique : vouloir un centre indépendant sans s'atteler à la construction d'une force politique à la fois organisée et démocratique, c'est se retrouver seul. Et, au fond, inutile.